La propreté, un secteur à fort impact
Le secteur de la propreté emploie plus de 600 000 personnes en France. Il intervient chaque jour dans des milliers d’environnements de travail, d’habitats collectifs, d’espaces publics et d’établissements de santé. Pourtant, lorsque l’on parle de transition écologique dans le monde de l’entreprise, les sociétés de nettoyage sont rarement citées en exemple.
Pourtant, de la gestion des consommables à l’optimisation des déplacements, en passant par la formation des agents et la sélection des fournisseurs, une entreprise de nettoyage professionnel dispose de leviers concrets et mesurables pour réduire son empreinte environnementale. À condition d’en faire une stratégie, pas un affichage.
Le nettoyage professionnel est un secteur à forte intensité opérationnelle : flottes de véhicules, produits chimiques, consommation d’eau et d’énergie, gestion des déchets, logistique d’intervention. Ces postes représentent des sources d’émissions de gaz à effet de serre identifiables, sur lesquelles des plans de réduction structurés peuvent être déployés.
La moyenne d’intensité carbone du secteur des services s’établit à 170 kg CO₂e. Un référentiel qui permet aux entreprises de se positionner, d’identifier leurs marges de progression et de construire une trajectoire de réduction cohérente avec les objectifs climatiques nationaux.
Les enjeux sont à la fois environnementaux, économiques et commerciaux : les donneurs d’ordre intègrent désormais des critères RSE dans leurs appels d’offres. La capacité à documenter son impact carbone devient un critère de sélection à part entière.
Mesurer avant d’agir : la condition d’une démarche RSE crédible
La démarche RSE dans le nettoyage professionnel commence par une étape que beaucoup d’entreprises du secteur négligent encore : la mesure. Bilan carbone, analyse des scopes 1, 2 et 3, suivi des consommations par agence … sans données fiables, il ne peut y avoir ni stratégie ni résultats vérifiables.
Le Groupe Saturne a réalisé son premier bilan carbone en 2021, de façon volontaire. Il révélait une intensité carbone de 111 kg CO₂e, déjà inférieure à la moyenne du secteur. Le bilan actualisé sur l’activité 2024 enregistre une réduction de 17 % de cette intensité carbone en trois ans.
Cette progression mesurée et documentée est précisément ce que valorisent les organismes d’évaluation indépendants. En 2025, le Groupe Saturne a obtenu la médaille d’argent EcoVadis avec un score de 73 sur 100, le plaçant dans le top 8 % des entreprises du secteur évaluées. Le label LUCIE 26000, obtenu en juillet 2022 et renouvelé en 2024, atteste d’une démarche RSE structurée sur le long terme, alignée sur la norme ISO 26000.
L’innovation au service d’un nettoyage écoresponsable
L’innovation dans le secteur de la propreté couvre l’ensemble de la chaîne de valeur : formulations des produits, techniques d’application, gestion des dosages, organisation des tournées, formation des agents.
- La centrale de dilution en est un exemple concret : système permet un dosage précis et automatisé des produits de nettoyage, en supprimant le gaspillage lié aux dosages manuels. Moins de produit consommé, moins de rejets dans les réseaux d’assainissement, une traçabilité renforcée … sur des centaines de sites d’intervention, l’impact cumulé est significatif !
- La gestion de la flotte automobile constitue un autre axe prioritaire. Optimisation des itinéraires, renouvellement progressif du parc vers des véhicules moins émissifs, mutualisation des tournées : les gisements de réduction sont importants dans un secteur où les agents se déplacent quotidiennement entre les sites.
- La politique d’achats responsables complète ce dispositif : en intégrant des critères environnementaux dans la sélection des fournisseurs de consommables et d’équipements, l’entreprise agit sur le scope 3, généralement le plus lourd dans le bilan carbone d’une entreprise de services.
Une démarche collective pour accélérer la transition du secteur
La transition écologique dans la propreté ne repose pas uniquement sur les efforts individuels de chaque entreprise. Elle nécessite un cadre sectoriel, des méthodologies partagées et une coopération entre acteurs.
C’est l’ambition du programme ACT Pas à Pas, déployé par le FARE Propreté et l’ADEME dans le cadre de l’initiative internationale ACT (Accelerate Climate Transition), créée en 2015 dans le sillage des Accords de Paris. Ce programme rassemble aujourd’hui près de 1 800 entreprises engagées dans le monde, dont 800 en France.
Le Groupe Saturne participe à ce programme collectif aux côtés de 22 autres organisations du secteur. L’objectif : structurer une stratégie de décarbonation rigoureuse, couvrant la gouvernance, la relation clients, les investissements et le modèle d’affaires — avec une projection à long terme dans un contexte de forte contrainte carbone.
Les ateliers de travail organisés avec d’autres entreprises du secteur permettent d’identifier des solutions opérationnelles testées et de réduire les angles morts. Le FARE Propreté pourra en extraire des recommandations applicables à l’ensemble de la branche.
L’agent de propreté, acteur central de la transition
Toute stratégie RSE dans le nettoyage professionnel repose, in fine, sur les femmes et les hommes qui interviennent sur le terrain. Un bilan carbone reste un document. Ce sont les agents qui, chaque jour, appliquent les bons dosages, respectent les protocoles, utilisent les équipements correctement et font remonter les informations du terrain.
L’intégration des équipes dans la démarche RSE est donc une condition de son efficacité opérationnelle.
Les collaborateurs participent aux groupes de travail : ils sont consultés et prennent des décisions concrètes — en particulier sur les achats. La politique du groupe se répercute directement au niveau de chaque agence.
La formation joue également un rôle central. Via Celtic Formation, organisme certifié QUALIOPI depuis 2022, le groupe assure une montée en compétences continue de ses agents : techniques de nettoyage écoresponsables, prévention des risques, postures professionnelles.
Vers un modèle d’affaires adapté au monde bas carbone
Une des étapes centrales du programme ACT Pas à Pas consiste à projeter l’activité dans un contexte de forte contrainte carbone : anticiper les évolutions réglementaires, évaluer les risques liés à la volatilité des prix de l’énergie et des matières premières, et construire une offre de services cohérente avec les exigences croissantes des donneurs d’ordre.
Pour une entreprise de propreté, cette projection est aussi une mesure de gestion des risques à moyen terme. Elle permet d’identifier les points de vulnérabilité du modèle avant qu’ils ne deviennent des contraintes subies.
