Engagé depuis 2013 dans une démarche RSE structurée, le Groupe Saturne franchit une nouvelle étape avec le projet ACT Pas à Pas, un programme collectif porté par le FARE Propreté et l’ADEME pour accélérer la transition climatique.

Florence Marion, consultante RSE du Groupe Saturne :  « Pas à pas, on progresse »

Florence, qu’est-ce que le projet ACT Pas à Pas concrètement ?

C’est une démarche de décarbonation , ACT signifie Accelerate Climate Transition. Créée en 2015 dans le sillage des Accords de Paris par l’ADEME et le CDP (Climate Disclosure Project), cette initiative internationale rassemble aujourd’hui près de 1 800 entreprises engagées dans le monde, dont 800 en France. Le Groupe Saturne s’inscrit dans un projet collectif déployé par le FARE Propreté et l’ADEME, aux côtés de 22 autres organisations du secteur. L’objectif est de structurer, déployer et améliorer notre stratégie de décarbonation de façon rigoureuse : tout est pris en compte: la gouvernance, la relation clients, la stratégie et tout est justifié et validé par des données concrètes et mesurables.

Pourquoi le Groupe Saturne a-t-il choisi cette démarche ?

Le groupe travaille sur la décarbonation depuis plusieurs années. Dès 2021, nous avons réalisé notre premier bilan carbone de façon volontaire : il révélait une intensité carbone de 111 kg CO₂e, déjà inférieure à la moyenne du secteur des services, établie à 170. Fin 2025, nous avons actualisé ce bilan sur l’activité 2024 et le résultat est parlant : -17 % d’intensité carbone en trois ans. C’est une vraie progression. Mais ce projet est venu comme une opportunité de passer à la vitesse supérieure : bénéficier d’une méthodologie de référence, d’un cadre collectif avec d’autres entreprises du secteur, et d’un accompagnement structuré sur 12 mois. ACT Pas à Pas, c’est LA référence pour construire une stratégie de décarbonation efficace. Cela nous a semblé évident d’y participer.

Où en êtes-vous dans le déploiement ?

Nous venons de finaliser le diagnostic de maturité. C’est la première étape d’un parcours en cinq phases : ce diagnostic a mobilisé un questionnaire approfondi de 59 questions couvrant quatre grands axes  les objectifs de réduction, les investissements matériels et immatériels, le management et l’engagement des parties prenantes, et le modèle d’affaires. Il intègre également l’analyse de la performance carbone sur l’ensemble de la chaîne de valeur, scopes 1, 2 et 3. La prochaine étape se tiendra fin avril : nous travaillerons sur les enjeux de décarbonation et les opportunités associées, avec des participants en interne, puis nous projetterons notre modèle d’affaires dans un monde bas carbone — donc une vision à très long terme.

Qu’est-ce qui distingue l’approche du Groupe Saturne d’une démarche RSE de façade ?

La performance est mesurée et c’est d’ailleurs l’un des points forts de notre diagnostic. Le Groupe Saturne est labellisé LUCIE 26000 depuis juillet 2022, label renouvelé en 2024. En 2025, nous avons obtenu la médaille d’argent EcoVadis avec un score de 73 sur 100, ce qui nous place dans le top 8 % des entreprises du secteur évaluées. La RSE est intégrée à l’ensemble de la politique du groupe depuis plus de dix ans, avec une ambition claire : la répercuter sur toute la chaîne de valeur et la faire vraiment vivre au quotidien. Ce n’est pas un affichage, c’est un engagement opérationnel.

Quels sont les prochains jalons ?

À l’issue de cette phase de vision, prévue en juin, une nouvelle stratégie de décarbonation sera mise en place avec un plan d’actions impliquant directement les opérationnels  en cohérence avec notre objectif de réduction de 30 % de nos émissions de GES d’ici 2030. Ce qui est précieux dans la démarche collective, c’est qu’elle s’organise en ateliers de travail, en partie avec d’autres entreprises du secteur de la propreté. Cela permet un vrai partage de bonnes pratiques, et le FARE Propreté pourra en extraire des recommandations pour l’ensemble du secteur. Il y a une vraie volonté d’avancée collective.

Comment les équipes s’approprient-elles cette démarche au quotidien ?

Elles y participent activement, notamment via les groupes de travail. Les collaborateurs sont consultés et prennent des décisions concrètes, en particulier sur les achats, dans une entreprise où la politique générale se répercute au niveau de chaque agence. Il y a un engagement à la fois collectif et individuel, avec une vraie fierté de progresser ensemble.

Un mot pour ceux qui voient encore la RSE comme une contrainte ?

Je leur dirais d’en changer le prisme. La RSE, c’est aussi une façon d’anticiper les risques ! La volatilité du cours du pétrole, les exigences croissantes en matière de réputation. Avoir des processus solides pour anticiper, c’est une mesure de sécurité pour la pérennité de l’entreprise et pas à pas, on progresse !